Gaza Stories Saison 2 – Épisode 1 : « Au monastère de Saint Hilarion »

Nous inaugurons cette nouvelle saison 1en retrouvant Fadel Al-Utol. Fadel nous avait présenté les ruines de l’église byzantine de Jabalia en nous expliquant comment il sentait sa mission d’archéologue comme une forme de résistance pour préserver l’histoire de Gaza (dont, rappelons-le, les vestiges sont plus anciens que la conquête de Canaan que nous décrit la Bible). L’État d’Israël en a bien conscience puisque, à peine les premiers vestiges du monastère de Saint Hilarion découverts, il a envoyé non des archéologues mais Tsahal pour voler les principales pièces qui y avaient été exhumées !

Cet ensemble est le plus important des sites monastiques chrétiens qui ont fleuri dans la région de Gaza à partir du milieu du IVe siècle, sans doute même un des plus grands du Proche-Orient (ces monastères servaient aussi de lieu de repos pour les pèlerins en voyage en Terre Sainte.) C’est dans celui-ci que le saint aurait été inhumé par son disciple Hésychius.

Découvert en 1993 à Nuseirat (10 km au sud de Gaza) le monastère de Saint Hilarion a bénéficié de l’expertise du laboratoire d’archéologie de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem dont Jean-Baptiste Humbert est le directeur. Cette équipe a d’ailleurs formé Fadel afin qu’il puisse relever les données nécessaires à la reproduction du site en 3D.

Fadel nous fait découvrir ce monastère qui couvre plusieurs hectares et comprend une église, un cloître, les cellules des moines, une crypte et une salle à manger décorée de mosaïques considérées comme les plus impressionnantes de Palestine.

Commentaire de Michel Ouaknine

© Gaza Stories, 2020

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  1. La première vidéo de Gaza Stories a été publiée il y a un an un 30 mars, tout comme cette nouvelle saison en souvenir de 2 évènements importants. Le 30 mars 1976, la police israélienne avait tiré sur des Palestiniens citoyens d’Israël manifestant pacifiquement contre la confiscation de leurs terres tuant 6 personnes et faisant des dizaines de blessés. Cette date est devenue la Journée de la Terre. C’est ce qu’ont voulu rappeler, le 30 mars 2018, les Palestiniens de la bande de Gaza en initiant la Grande marche du retour, une autre action non violente qui s’est confrontée à la violence délibérée de Tsahal assassinant 217 Palestiniens et faisant plus de 18 000 blessés.
Contribution :



    Sur l'auteur
    Un cinéaste gazaoui dans le fauteuil d’ESM. Iyad Alasttal, 28 ans, né dans labande de Gaza, sur la bordure orientale de Khan Younès : là où une jeune secouriste palestinienne de 21 ans a été tuée par un sniper de Tsahal, en juin 2018, lors de la Marche du retour... une terre natale et sanglante qui a produit son documentaire, « Razan, une trace du papillon ». Une terre qui fait des siennes et qui fait de Iyad Alasttal, un témoin entre deux bancs de poisson... entre Gaza qu’il raconte désormais en images et la Corse où il a appris à pêcher des images (bio RFI).
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